L’AFDIAG réagit à la chronique de Fr Inf

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Dans sa tribune du 28 octobre sur France Information, qualifiée « faut qu’on hésite du gluten », Marion Ruggieri déclenche la consternation des coeliaques, se moquant d’une pathologie qui touche pourtant 1% de la population et dont 80 à 90% des les clients ne sont pas diagnostiqués et risquent également des complications importantes.

L’AFDIAG a réagi par un courrier adressé à l’administration du réseau, ainsi qu’à la Présidence de la République et au Ministère de la Santé.

 » Monsieur le directeur, Se conformant aux diverses problématiques de nos participants, nous avons écouté l’émission de Marion Ruggieri « Elle assortiment de tout » du 28 octobre 2008 qualifiée : « Faut-il hésiter au gluten ? », en réponse à un billet publié la veille dans le Parisien.

Nous aimerions vous faire comprendre exactement ce que nous pensons vraiment de cette chronique, qui vise à faire sourire les gens sur un sujet aussi grave, influençant la santé et le bien-être des personnes souffrant de façon persistante.

  1. Nous sommes surtout surpris par les propos de votre journaliste qui, avant de commencer sa chronique prétendument amusante, aurait dû se renseigner sur cette pathologie.
  2. L’intolérance au gluten ou maladie gastrique touche 1% de la population mais seulement 10 à 20% des clients sont aujourd’hui diagnostiqués avec un risque de problèmes graves pour ceux qui ne sont pas encore identifiés (fragilisation des os, lymphomes, etc.).
  3. Les signes et symptômes mentionnés ne sont pas sans importance et aussi pour ceux qui les traitent, se moquer d’eux n’est certainement pas approprié.

Contrairement à ses mots, il ne s’agit pas d’une réaction allergique mais d’une maladie génétique à long terme.

Que Marion Ruggieri compare la nécessité de se conformer à un régime alimentaire sans gluten au TOC est particulièrement choquant, le TOC est une maladie neurologique grave sans lien avec l’intolérance au gluten.

Même si le titre de l’article paru dans Le Parisien est un peu intrigant « Attention au gluten », il n’en est pas moins significatif et a effectivement été étayé par des entretiens avec des experts et dirigeants de notre organisation, contrairement à cette chronique.

Adhérer à un régime sans gluten est particulièrement difficile, notre organisation se bat depuis deux décennies pour nuire à l’isolement des patients et interagir sur la pathologie afin de mieux détecter les individus.

  1. Il ne s’agit pas de se conformer à une mode dans notre situation, mais le régime sans gluten à vie est le seul traitement pour lutter contre cette condition (aucun médicament ne peut la changer).
  2. Michel Cymes, précisément, dans des récits cliniques sur d’autres radios ou télévisions, a évoqué fort probablement les menaces de l’absence de diagnostic médical pour une partie de la population.

Nous suggérons à votre chroniqueuse d’écouter ses associés cliniciens qui comprennent de quoi ils discutent.L’intolérance au gluten est une pathologie identifiée dans le monde entier, il est donc inadmissible qu’en France, elle soit ridiculisée.

On espère vraiment que Marion Ruggieri apportera les ajustements indispensables dans sa chronique suivante et qu’un droit de réponse sera accordé aux experts afin que le public soit sérieusement sensibilisé à cette maladie, malheureusement non identifiée chez 80 à 90 % des patients.

Survivre à un régime alimentaire strict est déjà assez difficile sans avoir à se battre contre des idées reçues communiquées par des journalistes qui veulent faire de l’humour !

Veuillez approuver, monsieur le directeur, nos meilleures relations avec. »